Ma chère petite poulette !

Encore une belle adresse de production locale pour une noble consommation locale, Anne Lamy Ferme de la Vallée Boisée à Mazangé.

«Une poule sur un mur, qui picore du pain dur. Picoti Picota…» Encore une belle adresse de production locale pour une noble consommation locale.

On connait la chanson, la poule elle a toujours la cote. On la met à toutes les sauces, au sens propre comme au figuré. Les enfants l’aiment bien, les oeufs  à la coque également. Les adultes eux, la dévore. Il est grand temps de faire passer le message que les oeufs frais, les oeufs fermiers, les oeufs de la ferme, ce ne sont que des mots, rien que des mots encore et toujours des mots qui en vrai ne veulent strictement rien dire. Il faut absolument connaître la traçabilité de l’œuf et de la poule. Où et comment elle vit ? De quelle manière ? Est-ce dans de bonnes conditions ? Allez, il est grand temps de se raisonner et d’aller voir «le circuit court», tout près de chez nous…

Petite visite du côté de Mazangé, Loir-et-Cher, proche de Vendôme, une bien jolie vallée boisée. Précisément là où une jeune femme, Anne Lamy, ingénieur agricole, diplômée de l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers a réalisé son projet. Toute seule, sur son site, mais pas solitaire parmi ses 1600 poules rousses sur un hectare 600.

En fond sonore, le chant de la ponte. 

No stress. On découvre les lieux, de la verdure partout, sol en herbe, 16 petits chalets en bois, B and B pour  une centaine de pensionnaires, avec échelles s’il vous plaît ( tout a été conçu pour l’hygiène, on récupère les excréments en rez-de-chaussée). Sur les côtés des poulaillers, des tiroirs à ponte avec petits lits de foin. Propreté, nettoyage facile… Et pour cause, un oeuf ne doit jamais être sale, et ne se nettoie pas !

De l’espace oui, mais il en faut car ainsi les poulettes gambadent partout, picorent (dans des mangeoires mobiles, hyper bien pensées avec petits toits s’il vous plaît, qui mettent  à l’abri des prédateurs, leurs céréales savamment choisies et dosées avec bien entendu aucune trace de soja ni d’OGM. Rien que de l’herbe !

L’herbe, c’est vital pour une poule ! Les poulaillers sont dans l’esprit « cabane », approuvés par des collègues, car Anne a rejoint un groupe d’éleveurs, «Des œufs de poules bien élevées». C’est toute une histoire. Crée en 1993 du côté de Bayeux en Normandie, un couple eut l’idée de monter leur propre élevage. 1995 la marque «Basse court»  voit le jour et les consommateurs apprécient. Il s’agit d’un réseau avec ses règles et mode d’emploi. Elevage de petite taille, réduction  de la consommation d’énergie… Ils travaillent dans le grand Ouest et à ce jour Anne est la seule adhérente pour la région Centre. Elle apprécie de faire partie d’un groupe. Ils se réunissent deux fois par an pour des échanges sur la technique, la distribution, la logistique…

«Une poule est très intelligente», ainsi il arrive à Anne d’apprendre aux jeunes poulettes venant d’arriver sur le site, à remonter dans leurs maisonnette, l’échelle est là pour cela.  Il y a des règles de sociabilité et oui, même chez ces chères volailles. Voici pourquoi cette production en circuit court fait partie du registre de l’excellence.

Anne s’occupe de son cheptel 365 jours sur 365, avec deux fois par jour le ramassage des oeufs à la main, puis direction le laboratoire à deux minutes situé proche de sa maison. Là, elle les mire, les tamponne, les trie et les range dans des alvéoles pour les stocker dans un lieu tempéré. Chaque semaine, elle charge sa voiture et va livrer ses clients qu’elle a elle-même sélectionnés. Tout est en direct et avec de l’humain.

Hyper frais, un énorme suivi sur tout et voilà le résultat «un régal» . Pour information, elle ramasse en été «période folle» 1600 oeufs par jour, le reste de l’année 1200 quand même ! Il s’agit d’un petit élevage tout fait maison par la même personne alors imaginez ce qu’il se passe dans des élevages où il y a par exemple 6 000 volailles labellisées bio…

Comme cette jeune femme aime innover et étudier la rentabilité, elle met au point la fabrication de rillettes de poules, avec l’aide d’un laboratoire dans la Sarthe, la recette est au point… et on a testé : Bonne allure, pas le côté raplapla et lisse tendance industrielle, belle couleur blonde et joli fumet. Aucun camouflage, immédiatement le vrai goût assez unique… de la poule pour 75 % et en fin de parcours la graisse de canard à 23 %. Les jours rallongent, le beau temps arrive ! Alors tartinons, tartinez en folie avec ou sans copains, pour le plaisir de savourer des rillettes de poules sur un pain  grillé et un… brin de ciboulette du jardin !

Bravo à Anne Lamy qui a monté sa petite affaire de poules…

Anne Lamy Ferme de la Vallée Boisée à Mazangé

www.notrebassecour.com 

Texte : Catherine Taralon. Photos : Marc Broussard

Source : Ma chère petite poulette ! | Le Petit Vendomois

2018-05-23T16:22:58+00:00