Ferme du Jonquay
76570 Mesnil-Panneville
Ville et département d’implantation : 76 – Normandie
Date de l’ouverture de l’atelier : 2017

charles-jouen-producteur-notre-basse-cour-normandie

C’est au Mesnil Panneville, à la ferme du Jonquay, aux portes de Rouen, que j’ai décidé de m’installer en 2017. Au travers de cette aventure, j’ai réalisé un rêve qui me tenait à cœur : faire une exploitation écologiquement vertueuse…et que je puisse en vivre. Mon rêve d’enfant est en passe de se réaliser.

Cela n’a pas été très facile, même pas facile du tout. Je ne suis pas issu du milieu agricole comme on dit, en plus, je n’ai pas pris les chemins habituels.

Ici, tout le monde veut tout labourer, et bien moi, j’ai fait exactement l’inverse. En effet, je suis parti d’une ferme qui était entièrement en cultures pour aujourd’hui, avoir une ferme entièrement… en prairies naturelles !

J’ai aussi planté des arbres, créer des haies, ce n’est pas très tendance dans le secteur !!!!

On m’a pris pour un fou ! Ici, maintenant, chez moi, il n’y a que de l’herbe et du trèfle blanc. Des belles prairies, où tout l’été, les abeilles bourdonnent, où les lièvres bouquinent et c’est avec ça que je nourris mon troupeau de charolaises. Ici, pas de pétrole, pas d’engrais pas de produits chimiques.

Mon système est très simple : de l’herbe et des vaches. La viande est vendue presque en totalité sur place, ou en vente directe très localement.

C’est une système extensif avec un très bon bilan carbone et ça, j’y tiens.

Ma première tranche d’installation a été réalisée non sans mal, il a fallu fournir énormément de travail pour en arriver là, ce n’est pas simple surtout quand on ne fait pas comme tout le monde.

Il a eu des gros moments de doutes, d’hésitations… Quand on part vers l’inconnu ce n’est pas facile, on se sent bien seul.

Heureusement j’ai été bien entouré, et là, je dois vraiment remercier toutes les personnes qui m’ont aidé.

Cette première tranche terminée, il a fallu, comme c’était prévu, trouver, un atelier complémentaire, pour conforter mon modèle économique.

Et là, je dois vous dire que ça a été la galère. Il fallait absolument que je trouve une production qui corresponde à mes convictions et qui prolonge tout le travail que j’avais entamé. Je voulais depuis longtemps, faire des poules pondeuses, mais à chaque fois que je me penchais sur le sujet, je me retrouvais avec des outils qui n’étaient pas du tout dans ma démarche : beaucoup de béton, de plastiques, d’isolant polyuréthane, de ferrailles et beaucoup d ‘énergie consommée, avec toujours un impact environnemental important…et ça ce n’était pas mon truc !

J’avais presque abandonné cette idée. Et puis, en cherchant sur internet, je suis tombé presque par hasard sur le concept Notre Basse-cour®. Je me suis dit c’est exactement ça que je cherche. Comme ma ferme ! Un système ultra simple, et doux pour la nature, un peu de métal, du bois, de l’herbe… et des poules… même la peinture des bâtiments est faite avec de la farine, pour vous dire, à quel point tout est fait pour réduire l’impact sur l’environnement.

En plus, les poules sont nourries avec de l’aliment local qui ne contient ni soja, ni huile de palme. Pour moi, c’était vraiment le top du top.

Alors, avec beaucoup d’enthousiasme, j’ai pris aussitôt contact avec le réseau des producteurs qui travaillaient déjà avec ce concept. Les premiers témoignages des producteurs en place m’ont tout de suite accroché.

La deuxième phase de mon installation c’est très vite engagée, et comme pour la première il a fallu repartir de zéro, dans un système pas comme les autres !

Remettre en place un nouvel atelier, tout construire, tout démarrer… une deuxième fois, en commençant par convaincre le banquier. La mise en place d’un élevage de poules, avec la vente des œufs, c’est très compliqué, il y a beaucoup de démarches administratives, heureusement que j’avais l’appui du réseau.

Dans les périodes d’enthousiasme et des périodes de doutes, j’ai eu beaucoup d’échanges avec mes collègues du réseau ; Benjamin qui est proche  du Mans et Anne, proche de Blois. Ces contacts souvent fréquents, m’ont beaucoup apporté.

J’ai commencé il y a environ un an mes démarches aujourd’hui je commercialise les œufs de mes poules depuis environ trois mois, et ça démarre plutôt bien, nous avons un bon retour de nos clients qui sont très satisfaits, il faut dire que nous avons l’expérience des autres membres du réseau, il y a aujourd’hui environ 500 magasins qui commercialisent les œufs de Notre Basse-Cour® dans d’autres départements.

Ça me plaît beaucoup, je suis à la fois proche de mes animaux et proches de mes clients, c’est vraiment du circuit court !

Tous les jours je suis avec mes poules, ici tout se fait manuellement, je ramasse les œufs deux fois par jour, je prends chaque œuf dans les nids. Ici, pas de tapis, pas de moquettes, pas de cônes en ferraille, pas de pente sur grillage, les poules pondent sur des nids de foin… et ça sent bon.

Le foin est très important dans le garnissage des nids. C’est du foin de prairie et de trèfle de l’exploitation. Je sais qu’il n’y a pas de produits chimiques. En plus on ne peut pas faire plus écologique !! Ça vient de la ferme et ça repart sur la ferme sous la forme de compost.

Le foin frais apporte des saveurs très agréables, ça sent bon.

Avec le foin les poules font leur nids, ça me plaît de les voir arranger les brins en rond pour faire leur nid. Je sais qu’elles sont bien, et en plus, que ça servira à protéger les œufs. C’est très important pour la qualité, en effet, non seulement le foin est un antichoc efficace, mais aussi, il laisse le temps à la petite membrane protectrice de l’œuf, qu’on appelle la cuticule, de bien sécher.

Avec le système des petits chalets en bois, je vois toutes les poules, et les manipulent tous les jours. Moi qui suis habitué à la conduite de mon troupeau de vaches, c’est un peu la même chose, je commence à bien les connaître pour beaucoup d’entre elles. Je connais leurs manies, leurs habitudes.

Deux fois par jour, je ramasse les œufs, je nettoie les nids, je change le foin, et je calibre mes œufs. Entre le ramassage et le calibrage, en moins d’une heure, les œufs sont rapidement mis à la température idéale dans le local de stockage, c’est à dire ,16°. C’est très important pour la qualité du produit, comme ça, je suis certain de satisfaire mes clients, c’est très rassurant !

Soutien, la transparence, le respect de la nature.

Que mes deux activités continuent dans ce sens pour trouver mon équilibre et mon épanouissement.

Si c’était à refaire, vous changeriez quoi ?
Rien, je signerais directement !